Je dévale à toute allure la rue la Fayette à vélo, en chantant à tue-tête la chanson pop de l’été. Celle qu’on déteste tous mais qui pourtant nous fait danser.

Pimpidimpidim pididim doumdoum…

Je chantonne encore quand je  pousse la porte de Négatif Plus, dégoulinante de sueur. Et là, comme ça, le chien le plus mignon du quartier, Balthazar, me lance un regard ennamouraché. Le regard qui t’arrache ton plus beau sourire. Le regard irrésistible. Bon.

Isi

Et là, comme si ça ne suffisait pas, son maître, Isi, me lance un regard ennamouraché. Le regard qui t’arrache ton plus beau sourire. Le regard irrésistible. Bon.

Isi Véléris a 82 ans, il est photographe. Je le sais parce qu’il m’a invité à lui offrir un café. Passé un certain âge on peut tout se permettre. Ou on permet tout. Bref. On se retrouve là, à cette terrasse de bistro, Balthazar avec son bol d’eau et nous, avec nos cafés.

– « J’ai photographié les plus belles femmes du monde. Et j’en ai séduit beaucoup. Pas toutes, mais quand même… Je n’étais pas amoureux de toutes mais en un sens, oui. Quand vous photographiez les femmes, il faut une certaine complicité, même si vous la désirez. Evidemment vous les désirez toutes. »

– « Vous étiez beau gosse? »

– « Beau gosse? Je ne sais pas. Pourquoi? Je ne suis plus beau gosse? Vous savez les hommes comme nous, les séducteurs, ils finissent par se foutre en l’air… »

Isi

Isi Véléris – Photographe de mode New Yorkais des années 70, aujourd’hui à la retraite dans le quartier de Montmartre. A 82 ans, n’a rien perdu de son sex appeal.